Philosophie, Psychanalyse, Médecine, Psychiatrie

 
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Les séminaires de Corrélats

Les séminaires invités par Corrélats


Les lundis de Corrélats

COLLECTIF DE RECHERCHE ANALYTIQUE
Conférences psychanalyse, philosophie, psychiatrie


Animées par
Jean-Paul Dollé – Françoise Gorog
François Guéry - Catherine Millot – Stéphane Habib


mardi 18 mars 2008
de 11h30 à 13h

Invité
Edouardo BERNASCONI

La Tragédie du désir

Quel est le savoir qui se met en jeu dans l'expérience du tragique? Sa trame n'implique-t-elle pas que ce qui se saura était déjà en attente de sa confirmation ? Il y a-t-il dans l'après-coup, confirmation de ce que se savait déjà de ne pas se savoir? 

Rien ne peut être fait autrement, et tout ce qui a été fait c'était pour précipiter la tragédie; la solution du drame échappe au héros tragique, qui pourtant est toujours impliqué dans ses actes.

            L'intérêt qui présente la tragédie pour la psychanalyse se manifeste dans la relation, l'implication, et plus encore, dans le noeud qui unit l'agent avec son acte. A partir de sa réalisation celui-ci ne pourra plus distinguer s'il est agent ou effet d'un acte qui le dépasse, qui le situe dans une trame de laquelle il échapperait volontiers mais qui non obstant constitue son emprisonnement. 

            Aussi bien  Freud que Lacan prennent la tragédie (ou sont pris par elle) comme une manière d'éclaircir les actes humains. Euripide, Sophocle et Eschyle illustrent dans leurs tragédies la désolation de l'être humain enchaîné à un destin qui néanmoins n'est pas écrit de façon anticipée. Le terme « destin » dans la Grèce classique n'a pas la même sonorité que de nos jours. Les poètes tragiques ont pu représenter et montrer l'ambiguïté des actions humaines, cette opposition, cette manière de jouer dans deux tableaux, illuminant avec beaucoup de maîtrise dans ses représentation théâtrales ces contradictions, les tensions irréductibles qui ne cessent jamais, ces questionnements permanents qui n’ont jamais de solution, par conciliation, ou bien par suppression des contraires.

            La tragédie est cet instant même où l'être se déchire dans une Y grecque (grecque, bien sur), unique lettre qui est consonne et qui en même temps a une sonorité de voyelle, où le destin place le sujet aux portes d'une décision dont il ne sortira pas déjà égal. Le sujet se découvre à la fois l'agent actif et l'effet passif de son propre Acte.  Coupable et innocent, lucide et aveugle, en mouvement et statique à la fois. Ce n'est pas tant l'agent celui qui explique l'acte, mais plutôt l'acte que, à posteriori place l'agent et lui montre, lui révèle ce qu'il a fait sans le savoir … ….

            Réfléchir à ces tragédies en particulier Oedipe Roi, Œdipe à Colonne et Antigone est l'objet de cette rencontre.

            Si Dieu est inconscient, comme le suggère Lacan dans le séminaire sur les fondements de la psychanalyse, rendre conscient l'inconscient ne permet-il  pas à celui qui fait une  analyse de trouver ce quelque chose qui l’assujettit, ce quelque chose que l'on ignore mais que cependant on ressent dans ses effets et encore plus, qui commande l’existence du sujet par la voie de la répétition ?

Que voulait dire Œdipe lorsqu’il annonce: "C'est moi qui dévoilerai le criminel ….". ? Ne dit-il pas en même temps et sans le savoir encore … : "Je me découvrirai à moi même comme criminel"!....



Centre Hospitalier Sainte-Anne
17, Rue Broussais – 75014 PARIS
Service du Dr Françoise GOROG
Salle de Séminaire du Secteur 16 – Pavillon « K » - 2ème étage

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